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Erik Boulatov

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(Sverdlovsk – RUSSIE, 1933)

Erik Boulatov naît en 1933 à Sverdlovsk (Russie) où son père était en mission, mais retourne dès 1936 à Moscou. Ses parents sont des communistes convaincus et son éducation se fait selon les normes soviétiques (pionnier puis komsomol). Passionné très jeune par la peinture, il entre en 1947 à l’Ecole des jeunes artistes et apprend la peinture dans un contexte particulier, où toute peinture étrangère, hostile au régime ou en dehors des aspirations officielles est interdite. Même les Impressionnistes sont dissimulés. Cet étouffement pousse peu à peu Boulatov à rompre avec le système soviétique.

Après la mort de Staline, en 1953, s’opère un certain dégel. Boulatov s’impose comme le meilleur élève de son école. C’est ainsi qu’il obtient la bourse Lénine pour rentrer à l’Institut Sourikov et qu’il est autorisé à voyager en Inde : on lui prépare une carrière officielle brillante. Mais il prend la tête de la révolte contre l’enseignement de l’Institut pour changer le programme académique, car « la vraie création et l’art officiel étaient devenus irréconciliables » et « en Russie, (son) ennemi était l’idéologie car elle était l’ennemi de l’art ». Il rencontre alors des professeurs renvoyés de l’Institut qui lui enseignent une autre vision de la peinture, ainsi que des artistes partageant ses idées, comme Ilya Kabakov. Pour ne pas trahir son idéologie artistique, il fait des illustrations pendant plus de trente ans, ce qui lui permet de survivre et de peindre en secret. Sa peinture est d’ailleurs influencée par le Pop art qu’il découvre en 1957 au Festival de la jeunesse à Moscou, manifestation qui marquera durablement en Union Soviétique.

Son travail est présenté pour la première fois de l’autre côté du mur en 1973 à la Galerie Dina Vierny lors de l’exposition « Avant-Garde Russe – Moscou 73 ».

Dans la peinture de Boulatov s’oppose apparemment une vision quasi photographique du monde et la représentation du langage, car elle est l’aboutissement d’une longue réflexion sur l’abstraction, la lumière et la sémiologie. Chaque tableau est le fruit d’un processus trouvant son origine dans une quête incessante de l’espace pictural et une interrogation sur la représentation de l’espace social.

Parti d’une recherche de structure dans l’esprit de Malevitch, Boulatov se déplaça ensuite vers une vision objective de la réalité où la lettre allait prendre en charge la force abstraite du langage. La photographie devint l’instrument indispensable pour capter objectivement une perception subjective.

Eric Boulatov
Autoportrait (Pas d’entrée), 1973
Huile sur toile
110 x 110 cm

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