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RACOFF (1904-1982)

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Dans les années 50, Racoff n’est pas le seul peintre parisien d’origine russe, mais si Lanskoy, Poliakoff, de Staël sont des noms qui évoquent instantanément une Ecole de Paris foncièrement abstraite, celui de Racoff a annoncé un renouveau de la peinture primitive.

L’homme est venu très tôt à la peinture, à l’époque douloureuse où sa famille fuyait la révolution. Né à Saint-Pétersbourg en 1904, il  avait grandi à Tomsk, ville de Sibérie, que lui et les siens devaient quitter en 1918 pour entreprendre le long exode qui, par la Chine, le conduirait personnellement en France. Tout près de la frontière chinoise, en Russie encore, un décorateur de théâtre lui fit découvrir la peinture. Sa famille passée en Chine, à Kharbin, Racoff étudia, en même temps que le droit, la peinture qui lui révéla, à côté des icônes russes, l’existence de la peinture primitive européenne, celle des Italiens, des Flamands, des Allemands et des Français. Dès lors, son destin de peintre était fixé.

Dans les années 20, l’artiste arriva en France, attiré comme tant d’autres par Paris. La vie de la capitale est dure aux artistes inconnus. Non sans mal, Racoff trouva un emploi. Il se fit illustrateur puis plus tard, encadreur. Par ailleurs, le réfugié devenait parisien. Ses promenades lui apprenaient à aimer cette ville qui avait failli le dévorer et il se plongeait avec passion dans l’histoire de son passé. Il a réuni à cette époque une documentation considérable sur le Vieux Paris qui faisait l’orgueil de sa bibliothèque.

En 1946, enfin une galerie parisienne, la Galerie Vendôme lui donna sa chance : ce fut un succès. Encouragé, l’artiste se consacra alors exclusivement à la peinture et ce fut en 1952 la magnifique réussite de sa première exposition chez Dina Vierny : toutes les toiles exposées furent vendues en quelques jours. Peu de temps auparavant, l’artiste doutait encore de ses possibilités : Dina Vierny racontait quelquefois que, dans les premiers temps de ses relations avec lui, c’est à peine s’il osait pénétrer dans la galerie lorsqu’il apportait une ou deux toiles dont il venait lui confier la vente.

Son succès va grandissant. Cependant l’homme restera égal à lui-même. Son caractère a toujours été en parfaite harmonie avec sa peinture et l’univers poétique qu’elle exprime.

Racoff travaille très lentement, avec une précision qui évoque la peinture de Jules Lefranc, son ami et protecteur. Son style lui permet de traiter par sa technique minutieuse l’architecture des bâtiments urbains. Il peint les rues de Paris, les maisons et immeubles qu’il laisse volontairement sans habitants. Ses quais de Seine sont teintés d’une grisaille bleue de leur froide humidité d’hiver mais sans vain désespoir. Il s’agit là des souvenirs d’un promeneur, pleins de tendresse pour les choses inventoriées dans leurs moindres détails, pierres, arbres ou lampadaires. De ses paysages urbains se dégage un caractère poétique et mystérieux.

Dans ses natures mortes ou trompe-l’œil, autres thèmes de prédilection de l’artiste, Racoff use de la même précision technique. Il peint, avec une rare délicatesse, les petits détails comme des gouttes de rosée ou des insectes multicolores. Ses perspectives donnent parfois au tableau un petit air surréaliste.

Les œuvres de Racoff, dont l’étrangeté s’allie au poétique, restent à part dans l’art naïf et méritent d’être à nouveau redécouvertes.

Olivier Lorquin

Expositions :

1946 : Galerie Vendôme, Paris

1952 : Galerie Dina Vierny, Paris

1953 : Galerie God Konst, Goteborg (Suède)

1955 : Galerie Dina Vierny, Paris

1958 : Colemau Art Gallery, Philadelphie

1959 : Galerie Dina Vierny, Paris

1962 : Galerie Dina Vierny, Paris

1964 : Galerie Charpentier,  Les Primitifs d’Aujourd’hui, Paris

1970 : Galerie Alex Vömel, Düsseldorf

Painting Graphics Art Maryna Kaston, New York

1971 : Ann Leonard Gallery, Woodstock

1972 : Ann Leonard Gallery, Woodstock

Galleria Angolare, Milan

1973 : Galerie des Ursulines, Mâcon

Galerie Tomic, Munich

1974 : Galerie des Ursulines, Mâcon

1981 : Bryant Galleries Jackson, New Orleans

Grande Galerie ODAKYU – Henri Rousseau et l’univers des Naïfs français, Tokyo

Exposition du 6 juin au 28 juillet 2018

Prolongation de l'exposition jusqu'en octobre 2018

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