fbpx
Retour Actualités Back to news

Peintures et collages de Jacques DOUCET

|||||||||||

Dans le cadre de l’année anniversaire des 70 ans de la galerie Dina Vierny, Olivier Lorquin consacre une exposition au peintre Jacques Doucet (1924-1994) axée sur trois moments importants de son parcours artistique à travers des œuvres des années 55, de la période 1960-1968 et des collages de 1993.

Né en 1924 à Boulogne-sur-Seine, Jacques Doucet, adolescent épris de liberté, se passionne pour la peinture et la poésie. Hésitant à opter pour l’une de ses deux voies, il rencontre en 1941 Max Jacob pour lui demander conseil. Avec subtilité, le poète lui fait comprendre que lui seul doit faire ce choix. Jacques Doucet choisit la peinture où sa poésie est omniprésente. De 1949 à 1951, il participe au mouvement CoBRA, mouvement s’inspirant du dessin d’enfants, du graffiti, de l’art populaire. Jacques Doucet se débarrasse de sa figuration inventive, narrative et ironique. Il devient plus abstrait, supprimant les titres des œuvres précédentes. Sa touche devient large et épaisse, les couleurs sont contrastées et contenues par un cerne noir, faisant apparaitre des « formes cocasses et indicielles ». Sa peinture est riche de matières et de couleurs vibrantes.

Les années 60 vont marquer un tournant pictural dans l’œuvre du peintre. Ses toiles deviennent plus expressionnistes, plus lyriques, tandis que les tons sont feutrés par l’utilisation de couleurs ocre, bleu, gris. C’est le début de sa collaboration avec Dina Vierny qui durera jusqu’en 1976. Elle l’encourage dans la voie des collages. Jacques Doucet y mêle des fragments de papiers d’illustrés, de dessins d’enfants, de ses dessins ratés. Cette période sera suivie par des « Tableaux-collages » sur des supports de plus grandes dimensions.

Dans les années 90, il réalise à nouveau des « tableaux-collages », différents, où la poésie des titres se retrouve. Atteint de polynévrite, pour peindre, Jacques Doucet utilise des bâtonnets d’huile sur des formats plus restreints. Il s’y exprime toujours avec passion comme dans cette série réalisée en 1993 après son voyage au Maroc. Les couleurs, rouge, bleu, jaune, y éclatent tandis que des graphismes noirs rythment la toile, nous rappelant que Jacques Doucet s’est livré toute sa vie à un combat intime avec la peinture.

Extrait du texte de Michel Ragon

in Jacques Doucet Parcours 1942-1959

Catalogue raisonné, Tome 1, Editions Galilée 1996, pp 10-11

« Lorsque Doucet passa de la figuration imaginaire à la non-figuration, se souvient-il de la recommandation de Paul Klee : peintre abstrait, oui, mais avec des souvenirs.

Tant de griffures dans la peinture de Doucet sont les cicatrices de traces d’objets, de traces de gens, et autant de lambeaux de souvenirs. Traces d’un combat aussi contre (et avec) la couleur, contre (et avec) la matière, contre (et avec) les traces indélébiles du quotidien.

J’ai parlé d’abstraction lyrique et c’est bien, après l’aventure de Cobra, parmi les peintres de l’abstraction lyrique qu’il exposera désormais. Il serait néanmoins plus juste de dire : expressionniste abstrait. Il y a en effet, et de plus en plus, dans l’art de Doucet, à la fin des années cinquante, une tension, une expressivité crispée, qui l’apparente davantage à certains peintres américains que, bien sûr, aux peintres dits « de tradition française » et même à la plupart des abstraits lyriques un peu trop abstraits pour lui, et un peu trop lyriques.

Si lyrisme il y a, chez Doucet, c’est toujours un lyrisme retenu. Dina Vierny qui prendra le relais de Colette Allendy et de Jean Pollak dans les années soixante, a dit de Doucet qu’il alliait « le sens de la mesure et de la démesure ». Excellente définition. C’est dans la démesure qu’il est expressionniste et dans la mesure qu’il retient ses débordements dans la réflexion abstraite.

Car qui a connu intimement Doucet sait que ce gueulard, ce rabelaisien était en réalité la délicatesse et la gentillesse mêmes. »

Vernissage : Jeudi 1er juin 2017 de 18h à 21 h

Exposition du 2 juin au 28 juillet 2017

Dédicace : « Chorégraphie estivale : une vie d’aventure avec le peintre Jacques Doucet » d’Andrée Doucet mercredi 14 juin à partir de 18h

fermer

Copyright Galerie Dina Vierny 2017