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Hommage à Ra’anan Levy

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L’artiste franco-israélien Ra’anan Levy est décédé le mercredi 1er juin 2022 à l’âge de 68 ans. Reconnu pour ses toiles de très grand format, il était aussi un excellent dessinateur et graveur.

Né en Israël en 1954, Ra’anan Levy suit les enseignements de l’Accademia di Belle Arti de Rome entre 1975 et 1979 puis intègre celle de Florence. En parallèle, il s’inscrit au Santa Reparata Graphic Art Center de Florence où il approfondit sa maîtrise des techniques de la gravure. De 1980 à 1982, il étudie l’histoire et l’histoire des pays musulmans à l’université hébraïque de Jérusalem avant d’être nommé artiste en résidence à l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Amsterdam jusqu’en 1984. Il obtient en 1987 une bourse de la Fondation de France et réside à Paris pendant deux ans. Dès lors, l’artiste partage sa vie et son travail entre Florence et Paris.

Représenté au milieu des années 1980 par la Marlborough Gallery, il connaît ses premiers succès avec une grande exposition d’œuvres sur papier en 1996 au Tel-Aviv Museum. Découvert par le public français lors de sa première rétrospective au Musée Maillol à la fin de l’année 2006, son œuvre rencontre un grand enthousiasme. Il sera présenté une seconde fois au musée Maillol en 2012 puis à la Fondation Maeght en 2019 et de nombreuses fois à la Galerie Dina Vierny.

Très tôt, Ra’anan Levy affiche l’obsession de capter les traces laissées par l’homme sur les objets du quotidien, nus, autoportraits, mains, paysages, natures mortes, lavabos, espaces vides, bouches d’égout, miroirs, ne servant de prétexte qu’à s’interroger sur la fugacité du temps ou la marque de l’humain. Ces thèmes, qu’il traite aussi bien aux pastel, crayon, peinture qu’en gravure, fonctionnent comme des vases communicants et des cercles concentriques, grâce auxquels augmente le degré de possession symbolique d’une réalité qui s’avère souvent fuyante.

Avec sa peinture aux couleurs pures et aux pigments vifs, quelque part entre Balthus, Hammershøi, Freud et Hopper, Ra’anan Levy présente une certaine continuité avec la grande tradition des peintres figuratifs, loin des débats formalistes et conceptuels du modernisme. Ses intérieurs déserts révèlent sa solitude et son regard sur le monde qui l’entoure. Seul avec lui-même, il tente de faire de chacun de ses tableaux un espace habitable. Car espace de création et espace de vie sont très intimement liés dans son œuvre, qu’il nourrit constamment de sa vision très subjective du monde qui l’entoure. Il observe les lieux et les êtres avec une acuité extrême. En ressort un œuvre très personnel et expressif, où chaque gravure, chaque papier, chaque toile est le résultat d’une aventure obsessionnelle marquée par un tel degré d’engagement et de passion que Ra’anan Levy finit par s’incarner lui-même dans sa peinture.

L’artiste a continué de produire inlassablement jusqu’à la fin de sa vie, arrivée sans prévenir à l’aube de l’été 2022. La perte de Ra’anan Levy est significative pour la Galerie Dina Vierny, qui n’oubliera jamais cet artiste dont le cœur fut autant apprécié que la main créatrice. Nous lui rendrons prochainement un hommage à la galerie.

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