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La Douleur de Maillol au Musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye

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Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la ville de Céret, située dans les Pyrénées orientales, projette l’édification d’un monument aux morts. La commune avait en effet payé un lourd tribut au cours de la guerre, et un comité est formé dès juin 1919 pour la mise en œuvre du projet. Après deux désistements, l’exécution du monument est confiée à Aristide Maillol. Le monument, élevé en 1922 Place de la Liberté à Céret, est inauguré le 14 juillet 1922.

Maillol adopte pour cette sculpture la figure d’une femme assise, comme allégorie de la douleur. Cette sculpture reprend l’attitude assise et méditative de La Méditerranée. Femme vêtue d’une large robe qui crée des sortes d’aplats de volumes, La Douleur symbolise l’affliction. Maillol rejette l’iconographie du monument aux morts et opte pour une vision personnelle : il s’attache moins à l’aspect historique du monument qu’à la beauté de la figure. Il reprend l’iconographie de la mélancolie qui traverse l’histoire de l’art, de l’Antiquité à nos jours, et notamment la célèbre gravure de Dürer, qui consiste en la représentation d’une figure dans une attitude pensive, la tête reposant sur une main au bout d’un bras replié. Déjà dans ses débuts dans la peinture, Maillol s’était tourné vers la figure de la mélancolie pour un tableau intitulé L’Enfant prodigue (coll. Musée Maillol).

La sculpture est réalisée dans un grès gris clair, et posée sur un socle en marbre gris de Frontignan, que Maillol avait jugé trop haut. Ce monument a été classé Monument historique en 1994. Des avant-projets du sculpteur sont conservés au Musée d’art moderne de Céret et permettent de voir toutes les positions successivement imaginées par Maillol pour cette figure : debout, redressée, dans une attitude de repli, accroupie, puis finalement assise. Il a également réalisé de nombreux dessins et études préparatoires, dont une bonne partie est conservée au Musée Maillol.

C’est le premier monument aux morts réalisé par Maillol, qui en sculptera trois autres, tous situés dans sa région natale : à Elne (1922), Port-Vendres (1923) et Banyuls (1933).

En 1933, Maja Hoffmann-Stehlin, la veuve d’un collectionneur suisse, demanda à Maillol de faire une réplique de cette sculpture pour la tombe de son mari et de son fils. Maillol lui proposa une réinterprétation de l’œuvre et c’est ainsi que fut exécuté le Monument de Bâle (1934), formellement très proche de La Douleur.

Une version en bronze a été réalisée, disposée en 1994 dans les jardins du Carrousel. Un autre exemplaire en bronze sera présenté jusqu’au mois de juin 2023 au Musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye.

Aristide Maillol, Tombe d’Emanuel Hoffmann, 1933-34. Bâle, cimetière du Hörnli.

Aristide Maillol, La Douleur, 1922. Grès gris clair. Place de la Liberté, Céret.

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