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Le Monument national de la Résistance, « grand oiseau blanc » de Gilioli

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Au début de l’année 1971, à l’approche du trentième anniversaire de la libération de la Haute-Savoie par les maquisards des Glières, germe l’idée de réaliser une œuvre commémorative de leur action. L’Association des rescapés des Glières lance une souscription pour l’édification d’un monument en hommage aux résistants. Pas moins de soixante-quatorze artistes participent au concours remporté par Émile Gilioli. Le jury était constitué de cinq maquisards des Glières et quatre personnalités du monde de l’art, comme Bernard Dorival, conservateur en chef du Musée d’Art Moderne de Paris, ou l’artiste Hans Hartung.

Cette sculpture monumentale de 385 tonnes de béton et 17 mètres de haut est composée de deux ailes en forme de V au creux duquel se loge un cercle parfait en béton blanc. Elle abrite un espace de recueillement où sont présentées différentes œuvres qui invitent à la méditation.

Elle est inaugurée solennellement le 2 septembre 1973 par André Malraux devant 20 000 spectateurs. « L’éclat donné aux cérémonies […], la réussite formelle et spirituelle de l’œuvre du sculpteur Émile Gilioli, la caution de l’auteur des Voix du silence, contribuent à graver dans l’histoire – et même dans la légende – cet événement d’un trait indélébile ».[1] Le « grand oiseau blanc » de Gilioli est décrit par Malraux en ces termes dans un discours passé à la postérité, repris dans les Oraisons funèbres et publié dans La Pléiade à la suite du Miroir des Limbes :

« Et maintenant, le grand oiseau blanc de Gilioli a planté ses serres ici. Avec son aile d’espoir, son aile amputée de combat, et entre elles, son soleil levant. Avec son lieu de recueillement, sa statue dont les bras dressés sont pourtant des bras offerts, avec ses voix entrecroisées, qui feront penser à l’interrogation des tombeaux égyptiens : que disent les voix de l’autre monde, avec leur bruit d’abeilles… ».

Ce haut lieu de la mémoire de la résistance française contre l’Occupation et les forces de Vichy revient régulièrement au centre de l’attention des politiques. En 1994, François Mitterrand y rend hommage aux combattants des Glières, première des manifestations du cinquantenaire de la Libération. Ou encore en 2007, Nicolas Sarkozy, candidat à l’élection présidentielle, y célèbre les maquisards et l’« identité nationale française ».

Il est inscrit au titre des monuments historiques en 2020, notamment en raison de son importance « dans l’histoire de la Résistance sur le plateau et l’histoire de la Résistance en général », et en tant que représentation de l’ « aboutissement de la réflexion artistique de Gilioli ». Le Monument national de la Résistance est en effet l’une des œuvres les plus abouties de l’artiste, et un lieu phare de la commémoration de la Résistance en France.


[1] « M. André Malraux a inauguré le monument d’Émile Gilioli sur le plateau des Glières », in Le Monde, 4 septembre 1973, Jean-Marie Dunoyer

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