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Séraphine Louis

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(Arsy, 1864 – Clermont, 1942)

Séraphine Louis, dite de Senlis, est issue d’une famille modeste. Elle se retrouve orpheline à l’âge de sept ans et travaille comme domestique de 1882 à 1902 au couvent de la Charité de la Providence de Clermont-sur-Oise. Elle en conserve une très forte emprunte religieuse, assurant que la  Vierge lui aurait inspiré sa vocation d’artiste. Elle est ensuite employée comme femme de ménage chez les bourgeois de Senlis et fait ses premières œuvres sur bois en 1906, le soir chez elle, dans le plus grand isolement. Elle entre au service du collectionneur et critique d’art Wilhelm Uhde en 1912 qui découvre avec stupéfaction son talent. Il lui permet alors de se consacrer pleinement à la peinture et l’engage à réaliser des grands formats. Mais il doit quitter la France en 1914, et ne reprend contact avec elle qu’en 1927. Il lui achète alors tous ses tableaux, décide de l’aider et l’expose dans sa fameuse exposition Les peintres du cœur sacré en 1929. Il doit cependant cesser son soutient en 1930 à cause de la disparition des acheteurs suite à la Grande Dépression. Séraphine, lancée dans des dépenses excessives, en est très perturbée, et s’effondre psychiquement. Elle est internée en 1932, ce qui marque la fin de sa production. Elle décède en 1942 et est enterrée dans la fosse commune du cimetière de Clermont.

« Je me rends compte, écrit le collectionneur allemand, que si, par la suite, j’ai encouragé Séraphine de Senlis, ce n’est pas pour le caractère primitif ou surréaliste de ses tableaux mais parce qu’elle appartient aux grands immortels qui dépassent le cadre d’un mouvement ou d’une école ».

Séraphine exprime son univers intérieur qu’elle imagine divinement guidé. En ressort une œuvre étonnante de bouquets surréalistes peints avec la même ardeur et la même ferveur que celle ressentie par les artistes du Moyen-Âge lorsqu’ils témoignaient de leur foi en Dieu, comme une « confession extatique » selon les termes de Wilhelm Uhde. Elle se tient à la lisière entre la passion de l’art et l’art de la pathologie. Ses grands bouquets de fleurs laissent perler des larmes de sang tandis que des yeux se glissent à la place des fruits sur les branches d’arbres imaginaires.

Séraphine fait partie des « Primitifs Modernes » réunis par Wilhelm Uhde (Bauchant, Bombois, Douanier Rousseau, Vivin), qui occupent aujourd’hui une salle dédiée au Musée national d’art moderne – Centre Pompidou. Ils marquent un moment fort dans l’histoire de l’art du XXème siècle car ils remettent en cause les dogmes de l’art savant au profit d’autres cultures, exotiques ou primitives, et offrent une peinture libre, intuitive et sincère.

Le bouquet de feuilles, 1929-1930
Huile sur toile
81 x 61 cm
Œuvre non disponible

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Copyright Galerie Dina Vierny 2017