Depuis le 12 avril 2026, le Museum of Modern Art de New York accueille la première rétrospective nord-américaine consacrée à Marcel Duchamp depuis plus de cinquante ans.22.05.2026
Vue de l'exposition Marcel Duchamp au MoMA © Jonathan Dorado Cette exposition monumentale, présentant environ 300 œuvres, ne se contente pas de célébrer l'un des artistes les plus influents du XXe siècle : elle interroge fondamentalement notre rapport à l'art, au musée et à la notion même d'œuvre. Redéfinir les règles Marcel Duchamp (1887–1968) a passé six décennies à défier la définition même de l'œuvre d'art, inaugurant une nouvelle ère de liberté créative dont les répercussions se font encore sentir aujourd'hui. Comme le souligne Ann Temkin, commissaire de l'exposition, « il est pratiquement impossible de répondre à la question 'Pourquoi est-ce de l'art ?' sans se référer au travail de Duchamp » L'exposition, organisée chronologiquement, débute avec les premières œuvres de Duchamp, notamment ses dessins satiriques qui révèlent déjà un regard critique sur les conventions sociales. Le dessin Couple au salon, par exemple, met en scène une inversion subtile des rôles de genre à travers une femme active et un homme passif, préfigurant la remise en question des normes qui caractérisera toute sa carrière. L'utilisation de l'aérographe crée une atmosphère diffuse, éloignant l'œuvre de la caricature traditionnelle pour privilégier la suggestion psychologique.


Vue de l'exposition Marcel Duchamp au MoMA © Jonathan Dorado
Les chocs fondateurs Le parcours culmine avec Nu descendant un escalier n°2 (1912), œuvre cubiste qui provoqua un scandale retentissant lors de l'Armory Show de New York en 1913. Cette fragmentation du corps humain en mouvement marqua une rupture radicale avec la représentation traditionnelle. Cependant, c'est avec l'invention du readymade que Duchamp bouleverse définitivement les paramètres de l'art et de l'auctorialité. Fountain (1917), cet urinoir renversé signé du pseudonyme « R. Mutt », demeure l'incarnation la plus scandaleuse de cette révolution conceptuelle. L'exposition rassemble les readymades originaux encore existants, témoignant de cette démarche qui fit de l'intention artistique le cœur de l'œuvre, au-delà de sa matérialité.

Vue de l'exposition Marcel Duchamp au MoMA © Jonathan Dorado

Vue de l'exposition Marcel Duchamp au MoMA © Jonathan Dorado
La boîte-en-valise : un musée portatif L'un des temps forts de l'exposition est la présentation exceptionnelle de La Boîte-en-valise (1935–41), que Duchamp concevait comme un autoportrait fragmenté. Plutôt que de créer de nouvelles œuvres, l'artiste rassemble ici des reproductions miniatures de son travail antérieur, constituant un « musée portatif » qui exprime rétrospectivement son parcours. Des débuts cubo-futuristes, aux recherches conceptuelles du Grand Verre, en passant par les readymades et les expérimentations optiques, chaque élément devient une trace de son évolution. L’ensemble prend la forme d'un théâtre portatif, où les œuvres deviennent manipulables et actives, brouillant la frontière entre contemplation et participation.

Vue de l'exposition Marcel Duchamp au MoMA © Jonathan Dorado

Vue de l'exposition Marcel Duchamp au MoMA © Jonathan Dorado
Une œuvre secrète jusqu'au bout Le parcours s'achève avec Étant donnés (1946–66), tableau-installation préparé secrètement pendant deux décennies pour le Philadelphia Museum of Art. L'exposition rassemble des études préparatoires de cette œuvre finale, installée au PMA un an après la mort de l'artiste, témoignant de sa capacité à innover jusqu'à la fin de sa vie. Cette rétrospective au MoMA offre au public du XXIe siècle l'opportunité unique de saisir l'ampleur de la production créative de Duchamp. Alors que les recherches sur l'œuvre énigmatique de l'artiste se sont multipliées au cours du demi-siècle écoulé – tout comme les mythes et les idées fausses –, cette exposition propose un récit exhaustif de sa carrière multiforme. Le MoMA et le Philadelphia Museum of Art entretiennent une relation historique privilégiée avec l'artiste. Le MoMA fut le premier musée à acquérir une œuvre de Duchamp, tandis que le Philadelphia Museum of Art conserve la plus importante collection de son œuvre, incluant deux pièces monumentales : Le Grand Verre (1915–23) et Étant donnés (1946–66). Marcel Duchamp Museum of Modern Art, New York Du 12 avril au 22 août 2026 Steven and Alexandra Cohen Center for Special Exhibitions
Les chocs fondateurs Le parcours culmine avec Nu descendant un escalier n°2 (1912), œuvre cubiste qui provoqua un scandale retentissant lors de l'Armory Show de New York en 1913. Cette fragmentation du corps humain en mouvement marqua une rupture radicale avec la représentation traditionnelle. Cependant, c'est avec l'invention du readymade que Duchamp bouleverse définitivement les paramètres de l'art et de l'auctorialité. Fountain (1917), cet urinoir renversé signé du pseudonyme « R. Mutt », demeure l'incarnation la plus scandaleuse de cette révolution conceptuelle. L'exposition rassemble les readymades originaux encore existants, témoignant de cette démarche qui fit de l'intention artistique le cœur de l'œuvre, au-delà de sa matérialité.
Vue de l'exposition Marcel Duchamp au MoMA © Jonathan Dorado Depuis le 12 avril 2026, le Museum of Modern Art de New York accueille la première rétrospective nord-américaine consacrée à Marcel Duchamp depuis plus de cinquante ans.
Cette exposition monumentale, présentant environ 300 œuvres, ne se contente pas de célébrer l'un des artistes les plus influents du XXe siècle : elle interroge fondamentalement notre rapport à l'art, au musée et à la notion même d'œuvre. Redéfinir les règles Marcel Duchamp (1887–1968) a passé six décennies à défier la définition même de l'œuvre d'art, inaugurant une nouvelle ère de liberté créative dont les répercussions se font encore sentir aujourd'hui. Comme le souligne Ann Temkin, commissaire de l'exposition, « il est pratiquement impossible de répondre à la question 'Pourquoi est-ce de l'art ?' sans se référer au travail de Duchamp » L'exposition, organisée chronologiquement, débute avec les premières œuvres de Duchamp, notamment ses dessins satiriques qui révèlent déjà un regard critique sur les conventions sociales. Le dessin Couple au salon, par exemple, met en scène une inversion subtile des rôles de genre à travers une femme active et un homme passif, préfigurant la remise en question des normes qui caractérisera toute sa carrière. L'utilisation de l'aérographe crée une atmosphère diffuse, éloignant l'œuvre de la caricature traditionnelle pour privilégier la suggestion psychologique.
Les chocs fondateurs Le parcours culmine avec Nu descendant un escalier n°2 (1912), œuvre cubiste qui provoqua un scandale retentissant lors de l'Armory Show de New York en 1913. Cette fragmentation du corps humain en mouvement marqua une rupture radicale avec la représentation traditionnelle. Cependant, c'est avec l'invention du readymade que Duchamp bouleverse définitivement les paramètres de l'art et de l'auctorialité. Fountain (1917), cet urinoir renversé signé du pseudonyme « R. Mutt », demeure l'incarnation la plus scandaleuse de cette révolution conceptuelle. L'exposition rassemble les readymades originaux encore existants, témoignant de cette démarche qui fit de l'intention artistique le cœur de l'œuvre, au-delà de sa matérialité.

Vue de l'exposition Marcel Duchamp au MoMA © Jonathan Dorado

Vue de l'exposition Marcel Duchamp au MoMA © Jonathan Dorado
La boîte-en-valise : un musée portatif L'un des temps forts de l'exposition est la présentation exceptionnelle de La Boîte-en-valise (1935–41), que Duchamp concevait comme un autoportrait fragmenté. Plutôt que de créer de nouvelles œuvres, l'artiste rassemble ici des reproductions miniatures de son travail antérieur, constituant un « musée portatif » qui exprime rétrospectivement son parcours. Des débuts cubo-futuristes, aux recherches conceptuelles du Grand Verre, en passant par les readymades et les expérimentations optiques, chaque élément devient une trace de son évolution. L’ensemble prend la forme d'un théâtre portatif, où les œuvres deviennent manipulables et actives, brouillant la frontière entre contemplation et participation.

Vue de l'exposition Marcel Duchamp au MoMA © Jonathan Dorado

Vue de l'exposition Marcel Duchamp au MoMA © Jonathan Dorado
Une œuvre secrète jusqu'au bout Le parcours s'achève avec Étant donnés (1946–66), tableau-installation préparé secrètement pendant deux décennies pour le Philadelphia Museum of Art. L'exposition rassemble des études préparatoires de cette œuvre finale, installée au PMA un an après la mort de l'artiste, témoignant de sa capacité à innover jusqu'à la fin de sa vie. Cette rétrospective au MoMA offre au public du XXIe siècle l'opportunité unique de saisir l'ampleur de la production créative de Duchamp. Alors que les recherches sur l'œuvre énigmatique de l'artiste se sont multipliées au cours du demi-siècle écoulé – tout comme les mythes et les idées fausses –, cette exposition propose un récit exhaustif de sa carrière multiforme. Le MoMA et le Philadelphia Museum of Art entretiennent une relation historique privilégiée avec l'artiste. Le MoMA fut le premier musée à acquérir une œuvre de Duchamp, tandis que le Philadelphia Museum of Art conserve la plus importante collection de son œuvre, incluant deux pièces monumentales : Le Grand Verre (1915–23) et Étant donnés (1946–66). Marcel Duchamp Museum of Modern Art, New York Du 12 avril au 22 août 2026 Steven and Alexandra Cohen Center for Special Exhibitions
Galerie Dina Vierny
36 rue Jacob 75006 Paris
53 Rue de Seine, 75006 Paris
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h
Galerie Dina Vierny
36 rue Jacob 75006 Paris
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Ouvert du mardi au samedi
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