La Galerie Derouillon présente une nouvelle exposition consacrée au travail de Vojtěch Kovařík, en dialogue avec les œuvres d'Aristide Maillol et d'Henri Rousseau. L'exposition se tiendra du 10 juin au 25 juillet 2026 et propose d'explorer les correspondances entre ces artistes historiques et la démarche contemporaine de Kovařík.16.06.2026
Vue de l'exposition © Galerie Derouillon Il y a quelque chose d'audacieux à convoquer l’œuvre d’Aristide Maillol et d’Henri Rousseau dans une exposition de peinture contemporaine. Le sculpteur catalan, né à Banyuls-sur-Mer en 1861, n'est pas seulement un nom dans l'histoire de l'art : c'est un geste, une posture, une façon de résister. C'est précisément ce que Vojtěch Kovařík est venu chercher chez Aristide Maillol. De l’autre côté, Kovařík va chercher son opposé chez le naïf Henri Rousseau. Quand le décor est seul, tel que Le Moulin (1896), exposé ici, c’est le plan tout entier qui s’aplatit. Chez Kovařík, c’est l’inverse : les corps imposants offrent souvent l’illusion de la rondeur réelle, comme si de véritables sculptures s’encastraient dans la toile.


Vue de l'exposition © Galerie Derouillon
Pour comprendre le choix de Maillol comme référence tutélaire, il faut rappeler le contexte dans lequel le Monument aux morts à Port-Vendres s'est forgé. Après la Première Guerre mondiale, la France commande à ses sculpteurs des monuments aux morts. Celui de Port-Vendres, commandé en 1919 et inauguré en 1923 sur la place de l'Obélisque, incarne parfaitement cette subversion tranquille. Alors que la plupart des autres sculpteurs livrent des bronzes héroïques, des soldats tendus vers la victoire ou encore des allégories guerrières, Maillol fait quelque chose d'étrange et de courageux : il dépose une offrande en représentant une femme de grande taille, en position allongée, portant une expression contemplative et tenant dans sa main droite des branches d'olivier, sans casque ni glaive. Le monument est aujourd'hui classé monument historique.

Vue de l'exposition © Galerie Derouillon
Le style de Maillol devient plus austère, massif et monumental à la suite de la Première Guerre mondiale. Ses œuvres gagnent en puissance et en présence, et s'inscrivent dans un classicisme épuré, teinté d'influences antiques. Mais cette massivité n'est jamais au service de la domination. Son rejet du dynamisme exagéré, qui caractérisait une grande partie de la sculpture de la fin du XIXe siècle, en particulier le travail de Rodin, a marqué un retour à la simplicité et à la pureté classiques, dont l'influence s'est fait sentir jusqu'à Henry Moore. Ce que Maillol invente, c'est une monumentalité du repos. C'est exactement ce que Vojtěch Kovařík cherche à transposer dans sa peinture.

Vue de l'exposition © Galerie Derouillon
Né en 1993 en République tchèque, Kovařík a grandi entouré d'une autre tradition monumentale : les sculptures du réalisme socialiste, ces corps tendus et glorieux qui peuplaient les places publiques d'Europe de l'Est comme autant d'injonctions à la force collective. Sa formation de sculpteur l'a conduit à interroger en permanence la façon dont un régime peut enfermer un corps dans une posture idéologique. Maillol lui offre un contre-exemple historique et formel. Dans Soulscape, les figures peintes de Kovařík reprennent cette idée de corps massifs qui n'écrasent pas : ils occupent l'espace avec une gravité douce, presque mélancolique. Les personnages apparaissent défaits, pensifs, traversés par quelque chose qui ressemble davantage à une méditation qu'à une posture. Sa sculpture en marbre présentée dans l'exposition, médium rare dans sa pratique, prolonge directement cette filiation : son Laocoon n'affronte pas les serpents, il les enlace.

Vue de l'exposition © Galerie Derouillon
Galerie Derouillon Vojtěch Kovařík in conversation with Aristide Maillol and Henri Rousseau → Soulscape Du 10 juin au 25 juillet, 2026
Pour comprendre le choix de Maillol comme référence tutélaire, il faut rappeler le contexte dans lequel le Monument aux morts à Port-Vendres s'est forgé. Après la Première Guerre mondiale, la France commande à ses sculpteurs des monuments aux morts. Celui de Port-Vendres, commandé en 1919 et inauguré en 1923 sur la place de l'Obélisque, incarne parfaitement cette subversion tranquille. Alors que la plupart des autres sculpteurs livrent des bronzes héroïques, des soldats tendus vers la victoire ou encore des allégories guerrières, Maillol fait quelque chose d'étrange et de courageux : il dépose une offrande en représentant une femme de grande taille, en position allongée, portant une expression contemplative et tenant dans sa main droite des branches d'olivier, sans casque ni glaive. Le monument est aujourd'hui classé monument historique.
Vue de l'exposition © Galerie Derouillon La Galerie Derouillon présente une nouvelle exposition consacrée au travail de Vojtěch Kovařík, en dialogue avec les œuvres d'Aristide Maillol et d'Henri Rousseau. L'exposition se tiendra du 10 juin au 25 juillet 2026 et propose d'explorer les correspondances entre ces artistes historiques et la démarche contemporaine de Kovařík.
Il y a quelque chose d'audacieux à convoquer l’œuvre d’Aristide Maillol et d’Henri Rousseau dans une exposition de peinture contemporaine. Le sculpteur catalan, né à Banyuls-sur-Mer en 1861, n'est pas seulement un nom dans l'histoire de l'art : c'est un geste, une posture, une façon de résister. C'est précisément ce que Vojtěch Kovařík est venu chercher chez Aristide Maillol. De l’autre côté, Kovařík va chercher son opposé chez le naïf Henri Rousseau. Quand le décor est seul, tel que Le Moulin (1896), exposé ici, c’est le plan tout entier qui s’aplatit. Chez Kovařík, c’est l’inverse : les corps imposants offrent souvent l’illusion de la rondeur réelle, comme si de véritables sculptures s’encastraient dans la toile.
Pour comprendre le choix de Maillol comme référence tutélaire, il faut rappeler le contexte dans lequel le Monument aux morts à Port-Vendres s'est forgé. Après la Première Guerre mondiale, la France commande à ses sculpteurs des monuments aux morts. Celui de Port-Vendres, commandé en 1919 et inauguré en 1923 sur la place de l'Obélisque, incarne parfaitement cette subversion tranquille. Alors que la plupart des autres sculpteurs livrent des bronzes héroïques, des soldats tendus vers la victoire ou encore des allégories guerrières, Maillol fait quelque chose d'étrange et de courageux : il dépose une offrande en représentant une femme de grande taille, en position allongée, portant une expression contemplative et tenant dans sa main droite des branches d'olivier, sans casque ni glaive. Le monument est aujourd'hui classé monument historique.

Vue de l'exposition © Galerie Derouillon
Le style de Maillol devient plus austère, massif et monumental à la suite de la Première Guerre mondiale. Ses œuvres gagnent en puissance et en présence, et s'inscrivent dans un classicisme épuré, teinté d'influences antiques. Mais cette massivité n'est jamais au service de la domination. Son rejet du dynamisme exagéré, qui caractérisait une grande partie de la sculpture de la fin du XIXe siècle, en particulier le travail de Rodin, a marqué un retour à la simplicité et à la pureté classiques, dont l'influence s'est fait sentir jusqu'à Henry Moore. Ce que Maillol invente, c'est une monumentalité du repos. C'est exactement ce que Vojtěch Kovařík cherche à transposer dans sa peinture.

Vue de l'exposition © Galerie Derouillon
Né en 1993 en République tchèque, Kovařík a grandi entouré d'une autre tradition monumentale : les sculptures du réalisme socialiste, ces corps tendus et glorieux qui peuplaient les places publiques d'Europe de l'Est comme autant d'injonctions à la force collective. Sa formation de sculpteur l'a conduit à interroger en permanence la façon dont un régime peut enfermer un corps dans une posture idéologique. Maillol lui offre un contre-exemple historique et formel. Dans Soulscape, les figures peintes de Kovařík reprennent cette idée de corps massifs qui n'écrasent pas : ils occupent l'espace avec une gravité douce, presque mélancolique. Les personnages apparaissent défaits, pensifs, traversés par quelque chose qui ressemble davantage à une méditation qu'à une posture. Sa sculpture en marbre présentée dans l'exposition, médium rare dans sa pratique, prolonge directement cette filiation : son Laocoon n'affronte pas les serpents, il les enlace.

Vue de l'exposition © Galerie Derouillon
Galerie Derouillon Vojtěch Kovařík in conversation with Aristide Maillol and Henri Rousseau → Soulscape Du 10 juin au 25 juillet, 2026
Galerie Dina Vierny
36 rue Jacob 75006 Paris
53 Rue de Seine, 75006 Paris
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h
Galerie Dina Vierny
36 rue Jacob 75006 Paris
53 Rue de Seine, 75006 Paris
Ouvert du mardi au samedi
de 11h à 19h
© tous droits réservés